Politique

Lordon, affects, nation, etc.

Publié le 01 sept. 2025 à 20:46 | Écrit par
Un radis noir
| Temps de lecture : 01m45s

Lors de l’une de ses récentes interventions [1], Frédéric Lordon pose d’une manière originale la question de la réaction à la montée du fascisme en France : pourquoi toute une partie des classes populaires vote-t-elle pour l’extrême-droite ? Et quoi lui opposer, et comment ?

Pour aller à l’os, Lordon pointe la puissance des affects d’appartenance et d’identité collective, et propose de mobiliser des affects équivalents mais fondamentalement opposés à ceux de l’extrême-droite.

Problème. Toute une partie de la gauche radicale vomit toute idée d’identité collective. Les identités individuelles qui permettent de se distinguer de la masse et de cultiver sa petite singularité personnelle : aucun problème. Tel est l’apanage des bourgeois et petits-bourgeois éduqués qui ont les moyens de se permettre une métaphysique individualiste. Mais une identité collective, une identité nationale : Pouah ! Horreur !

Lordon fait remarquer que la gauche radicale contemporaine confond certaines réalisations historiques contingentes de la nation avec un concept beaucoup plus général de la nation : celle de Robespierre n’est pas celle de Le Pen, celle des zapatistes du Chiapas n’est pas celle des trumpistes.

Il va plus loin en indiquant que de toute façon, il y aura toujours des nations, entendu comme groupes politiques distincts, par opposition à une hypothétique communauté humaine mondiale unifiée.

Si la nation est inévitable et que son contenu n’est pas fatalement mauvais en soi, les forces de gauche devraient utiliser à leur avantage la puissance des affects d’appartenance et d’identité collective, accessibles à tous, pour faire advenir une nation communiste.

Et pourquoi pas continuer à l’appeler France. Car derrière ce nom – la France – se cache un conflit, un antagonisme historique toujours ouvert, entre une vision nationaliste de droite et une autre internationaliste de gauche. Abandonner le signifiant “France” à l’extrême-droite, c’est capituler, se rendre sans même combattre, abandonner une prise de guerre inestimable à l’ennemi.

Mais alors quel contenu précis mettre dans notre “France” de gauche ? Lordon propose d’y mettre une fierté. Celle de la Sécurité sociale universelle (telle qu’envisagée par Bernard Friot avec son “salaire à vie” ou Lordon lui-même avec sa “garantie économique générale”), c’est-à-dire celle du communisme.

Conclusion  : contre le poison de la nation nationaliste, l’identité française devrait être une nation internationaliste, c’est-à-dire la fierté communiste.

[1] “La nation internationaliste, c'est la fierté communiste” 



À propos de l'auteur(e) :

Un radis noir

Être radical, ce n’est pas être extrémiste ni fanatique : c’est s’intéresser à la racine des choses… À la racine des mots, pour pouvoir aiguiser les idées et les concepts… À la racine des maux, pour pouvoir espérer y remédier.

Lire plus’

Vous avez dit Europe ?

19/02/2026 15:39
La Rédac'

L’impérialisme, stade suprême du capitalisme

24/02/2026 12:44
Stéphane Haslé

On nous amuse

22/02/2026 09:30
Christophe Martin

Votez LFI !

13/03/2026 17:22
Stéphane Haslé
Agenda’
19
avr.
Fête de la Bicyclette
Cloitre de la Visitation, avenue Aristide Briand
10h00
C’est Freddy Mercury qui devait animer la Fête de la Bicyclette à la Visitation mais...
28
avr.
Conférence "Comment le génocide à Gaza a-t-il été rendu possible ?"
Salle Malet à Dole
18h00
A l’issue de l’AG (16h30) et du pot de la solidarité, le réseau pour une...
01
mai
Fête des travailleurs et des rois du zbeul
RDV avenue de Lahr, Dole
10h00
Le collectif citoyen, les DDR, AFA39 et d'autres seront sur Dole le matin vendredi 1er...