« Pas d’inspi », ou langue d’aspic ?
« Pas d’inspi, pas de titre », c’était le titre de l’édito du dernier Libres Commères.
Il y avait donc au moins deux choses fausses dans cette phrase. Car malgré l’annonce par l’auteur de l’« embarras face à [son] clavier », il n’a pas manqué d’inspiration pour écrire, mais pas de la meilleur inspiration, certes, c'est déjà bien de le reconnaître. Il a donc continué au-delà du titre, par devoir, dit-il, après s’être engagé auprès des membres présents (lesquels ? Je n’ai pas pu y aller) de la dernière AG de Libres Commères, de rendre une copie. Il s’exprime donc en leur nom par l’emploi du « nous ».
« Nous » annonce donc « prendre la plume la plus délicate » vue la « considération » et « l’amitié » envers des personnes dont "nous" précise qu’elles « font n’importe quoi » et font « mumuse ». "Nous" dit ne viser personne, laissant courageusement à l’appréciation de chacun « de se sentir concerné ou pas », mais enchaînant directement sur les résultats de la « gauche pourtant enfin unie » de l’élection municipale à Dole et ciblant donc ainsi au moins une quarantaine de colistiers.
Alors oui, malgré ces précautions, nous sommes quelques-uns à nous être sentis directement visés, c’est évident. Soit au moins autant que la moitié du lectorat de la version papier de Libres Commères. Et moi particulièrement de par mon implication dans la campagne, par mes contributions pour le journal et par l’amitié que je portais à la personne qui signe l'article et n'a pas cherché. Je ne parle pas au nom de mes colistiers dont je n’ai pas demandé l’avis, mais je m’adresserai directement à toi, Uhm, et aux membres de Libres Commères qui t’ont laissé commettre en leur nom un tel texte, qu’ils défendent pour certains plus pour l'intérêt qu'il sert que pour sa qualité d’écriture.
Ainsi, s’impliquer dans les élections, s’engager dans la « vie de la cité », prendre du temps bénévolement comme je le fais depuis six ans, serait un jeu, un amumusement ; chercher à faire union serait « être navrant » ; construire un programme serait « faire n’importe quoi » ; assumer le mandat confié par les citoyennes et les citoyens serait être en recherche de reconnaissance « de la droite bourgeoise »…
Avec une telle vision, il est finalement préférable pour tes voisins que tu n’aies pas été élu dans ton village. Tu aurais été bien plus légitime à commenter cet échec que le nôtre puisque nous ne t’avons pas vu durant la campagne doloise. Quelle facilité et quelle inconséquence de sortir du bois quand les jeux sont faits et de crier « malheur aux vaincus »! Une attitude comparable en cas de victoire aurait eu de la classe : « Vous avez gagné, mais on ne fait pas allégeance : on va vous surveiller, on sera attentif à ce que vous réalisiez vos promesses ». Mais là, quel but ?
Et c’est finalement ce qui me dérange le plus. Les critiques justifiées, je veux bien les entendre ; me prendre des coups je l’accepte, même si selon d’où ils viennent ils n’ont pas le même impact. Mais le tout début et toute la deuxième moitié du texte sont clairs. « Pour se défouler » on oublie l’humain, d’abord, et maltraite à l’envi ces « acteurs censément de notre camp » (tout en critiquant à juste titre dans le même article la droite quand elle agit de la sorte…). Enfin, et c’est en fait le véritable objet du texte, le sujet des municipales doloises n’est en fait qu’un instrument pour satisfaire la perpétuation d’une obsession présidentielle maintenant décennale : la preuve irréfutable, par des comparaisons fumeuses, de « l’imbécilité » d’une « primaire de gauche » ; le seul choix simpliste laissé entre la droite et une « gauche conséquente » dont il n’y aurait bien sûr qu’un représentant… Je salue l’assurance de ces militants assurés de la victoire prochaine au point de se sentir autorisés à mépriser l’investissement local de personnes et de les insulter pour tenter de les convaincre. Hasta la victoria, siempre !
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À propos de l'auteur(e) :
Nicolas Gomet
Elu municipal de Dole et communautaire du Grand Dole (?)