Ça devait être une marche mais on est resté sur place (pas tout à fait : on a tourné sur le cours Saint-Mauris). On attendait 200 manifestants remontés jusqu’aux dents et on n’était pas plus de 150 motivés dans une ambiance toutefois sympa et joyeuse. Le Collectif du 26 septembre avait bien organisé les choses : les prises de parole étaient intéressantes, l'idée de l'assemblée citoyenne dans l'esprit du 10 septembre et on a récupéré celle d’Emmanuel Ogier, un agriculteur qu’on connait bien dans le Pays dolois pour son parcours exemplaire à la ferme de Germigney.
« J’attends de ceux qui vont nous diriger une vision, une pédagogie pour replacer l’homme dans l’espace et le temps. L’homme qui a besoin de sens, d’un chemin et de lien.
L’homme ne doit plus être réduit à son statut de consommateur, d’optimiseur fiscal, on doit l’aider à libérer du temps pour développer sa vie intérieure, chercher une transcendance. Alors à cette condition, il pourra convertir son mode de vie pour plus de sobriété, d’écologie, de solidarité et de lien parce qu’il y trouvera du sens et en sera rempli durablement.
J’attends de ceux qui nous gouvernent une sensibilité à la fragilité, à la faiblesse, de croire qu’il faut la chérir parce qu’il s’agit d’un chemin pour être plus humain, un chemin pour la paix. J’attends de ceux qui nous gouvernent d’abandonner la tentation de tout maîtriser, optimiser et de laisser la place à l’erreur, le hasard et la confiance, de penser que la lenteur n’est pas synonyme de perte de temps.
J’attends enfin qu’ils mettent en haut de la liste de leurs préoccupations, les plus petits d’entre nous pour leur laisser une place à notre table.
Voilà c’est déjà beaucoup pour éviter l’erreur tragique de penser pouvoir tracer son chemin, seul, coupé du vivant, de la création et nier ainsi nos origines. »
Une fois n’est pas coutume : on n’ajoutera rien.
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À propos de l'auteur(e) :
Christophe Martin
Passionné de sciences humaines mais d'origine bretonne, je mets mes études en anthropologie et mon humour situationniste au service de mon action politique et sociale.