Peuple trop oublieux, nom de dieux
(NDLR: Le texte suivant a été écrit avant le décès du nationaliste le 14 février dernier à Lyon.)
«Peuple trop oublieux, nom de dieux», cette phrase me revient. Elle est issue d'une chanson libertaire intitulée «Le Père Duchêne». Ce passage pointe le drame populaire : l'oubli. Le néo-fascisme s'apprête à s'accaparer le pouvoir et à bâillonner les libertés. En 2022 Melloni, « petite-fille spirituelle » de Mussolini, prend le pouvoir avec ses « Frères d'Italie » et rafle la présidence du Conseil des ministres. En 2023, Javier Milei, anarcho-capitaliste (oxymore) et révisionniste, devient président de l'Argentine. Puis en 2025, Trump est revenu en force à la tête des Etats-Unis en exportant sa politique impérialiste dans d'autres pays. Comme par exemple, en kidnappant le président du Venezuela, Nicolas Maduro, ainsi que sa femme.
En ce joli mois de mars 2026, c'est au tour du Chili. Le tout nouveau président de la république, José Antonio Kast, vient d'être investi ce mercredi 11 mars. C'est un nostalgique de la dictature de Pinochet dont son frère, Miguel, a été ministre. Pinochet, c'est : le coup d'Etat du 11 septembre 1973, en arrêtant ses opposants, en les torturant, en les exécutant par exemple par les « Vuelos de la muerte » (vols de la mort). C'est une exécution sommaire consistant à jeter la victime depuis un avion ou un hélicoptère. Cette technique fut inventée par la France, puis celle-ci forma d'autres pays dictatoriaux comme l'Argentine. C'est la French Touch. Petit détail supplémentaire qui a toute son importance. Le père de José Antonio Kast, Mickael Kast, fut lieutenant de la Wehrmacht mais également adhérent au parti nazi. Il immigra au Chili après la seconde guerre mondiale. Comme beaucoup d'autres nazis qui termineront leur vie en Amérique latine et aideront, par leur expérience, les dictateurs locaux à réprimer leurs populations.
Et c'est partout la même chanson, le même oubli. L’Allemagne voit monter la peste brune avec l'AFD. Le Portugal est passé à deux doigts de la récidive : les électeurs ont finalement décidé d'élire un président socialiste, António José Martins Seguro. Il était au second tour face au jeune parti d'extrême droite, la Chega, d'André Ventura. En deux élections présidentielles (2021/2026), la Chega est passée de 497 746 voix à 1 326 942 voix.
Et nous, dans notre Hexagone, le tsunami va certainement nous submerger. Nous ne sommes pas moins susceptibles de tomber dedans comme au Chili, en Argentine ou en Italie (liste non exhaustive). Nos peuples sans mémoire se jettent les uns après les autres dans l’autoritarisme. Mais certains ne lâchent rien, continuent à scander « Siamo tutti antifascisti » tout en clappant des mains. Mais cela ne suffira pas à écarter le danger, même si on peut l’espérer ! ¡No pasarán! clamaient les républicains espagnols face aux nationalistes franquistes. Cela ne les a pas empêché de passer ! Mais ils ont résisté et ont espéré des jours meilleurs ! Et si en 2027, nous tombons dans le carcan de l’extrême droite, plus que jamais, la résistance sera à l’ordre du jour. En fait, dès maintenant.
Pour finir en chanson, je souhaiterais citer un passage de la Semaine Sanglante écrite par Jean-Baptiste Clément face à la probable prise de pouvoir de l'extrême droite. « Les mauvais jours finiront et gare à la revanche. »
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À propos de l'auteur(e) :
Baron Vingtras
Bourguignon échoué en Franche-Comté, enivré par le militantisme de Gauche avec un gros G et passionné par l'Histoire.