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« Once upon a time, life », « Il était une fois, la vie » ; la suite … ; 11e partie

Publié le 17 mai 2026 à 08:15 | Écrit par
Bernard Mourey
| Temps de lecture : 05m16s

Construction psychique : Un certain regard sur les travaux de Milton Hyland Erickson : La force et les possibilités de l’inconscient pour plus de compréhension. 

Qui était-il. ? 

Milton Erickson est un Américain, né le 5 décembre 1901, mort le 25 mars 1980. Il est devenu médecin psychiatre et psychologue et a joué un grand rôle dans la renaissance et la reconnaissance de l’hypnose clinique thérapeutique. Son idée générale et son approche innovante en psychothérapie reposent sur la conviction que le patient possède toujours en lui toutes les ressources nécessaires pour répondre de manière appropriée aux traumas et aux situations auxquels il est confronté. Il s'agit par conséquent de faire découvrir au patient ses ressources afin qu’il utilise lui-même ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles sans qu’on lui dise quoi faire.  

Un point rapide.

Enfant Milton est atteint de différents troubles sensoriels, congénitaux ; il est daltonien, a-musique, dyslexique et souffre de diverses allergies. A 17 ans Erickson contracte une forme grave de poliomyélite. Alors qu’il est au plus mal, Il entendra un médecin dire à sa mère qu’il sera mort le lendemain. Il demande alors à sa mère de tirer son lit près de la fenêtre pour voir une dernière fois le soleil se coucher. Il va faire sur lui-même ce qu’il appellera plus tard de l’autohypnose. Il en sort totalement paralysé après un coma de trois jours ne pouvant bouger que les yeux et parler. 

Pour tromper son ennui, il observe ses sœurs jouer dans la cour sous la fenêtre et découvre que le langage verbal dit une chose et que le corps en dit une autre. Il va ainsi découvrir par lui-même des phénomènes hypnotiques à visée thérapeutique qu’il va s’appliquer à lui-même.

C’est à la suite des séquelles résiduelles et aux douleurs liées à la polio qu’il renonce à être fermier et qu’il décide de devenir médecin. 

Après une rééducation de 11 mois avec béquilles, il s'inscrit en médecine et en psychologie, puis en psychiatrie. Il entreprend après cela un périple de 2000 km d’où il revient sans béquilles. 

Ses diplômes en poche, il débute sa carrière en institut. Dans ses approches thérapeutiques innovantes et révolutionnaires, il va se heurter et se confronter tout au long de sa carrière aux autres médecins étant dans le conventionnel de l’époque. 

Malgré tout, sa santé demeure très fragile, ce qui plus tard l’oblige à aller s’installer dans un environnement sec, plutôt désertique, à Phoenix. 

En 1949, féru d'enseignement, Erickson commence à animer les « Seminars on Hypnosis », des ateliers de formation à l'hypnose à travers tous les Etats-Unis. 

Il contribue à la création de la Society for Clinical and Experimental Hypnosis.

Il travaille aussi brièvement avec Aldous Huxley a une étude commune sur les différents états de conscience. 

En 1954, alors qu’il a 51 ans, il contracte une nouvelle fois la polio sans qu’il ne soit établi de lien avec celle de 1919. Il récupèrera partiellement à nouveau en s’appliquant à lui-même des séances d’autohypnoses.   

(« It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable : But it was discomfort I was deliberately creating ».)

C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de « Uncommon therapy », que le nom d'Erickson devient connu du grand public.

En 1974, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute[] et rencontre, par l'intermédiaire de l’anthropologue Gregory Bateson, les fondateurs de la PNL (Programmation Neuro-Linguistique), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan.

Il se rend régulièrement à l’école de Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre Donald D. Jackson.

En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson, bien qu’il soit décédé le 25 mars 1980 à la suite d'un choc septique. Ses cendres sont dispersées sur le mont Squaw Peak, où il envoyait fréquemment ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques (prescription de tâche ).

Il a la conscience que la perception du monde réel n’est qu’un monde modifié dans la représentation personnelle que chacun s’en fait. Il en a pris conscience dès son plus jeune âge ; d’où le caractère relatif des cadres de références des êtres humains. Nous en retiendrons la citation : « La carte n’est pas le territoire. »

Il demeure une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même lors de sa rééducation et de sa réadaptation certains phénomènes qu'il mettra ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique.

Ceci est un bref résumé des points essentiel de sa vie et de son œuvre.

Si la vie de M.H. Erickson est importante dans « Il était une fois, la vie » c’est pour souligner le fait que la vie ne s’apprend pas dans les livres bien qu’il ne faille pas les négliger. Le grand apprentissage de la vie se fait par ce que nous expérimentons ; osons ; découvrons ; apprenons ; vivons ; … . Dans la dichotomie de l’existence, nous réalisons qu’il n’y a pas plus d’échecs que de succès mais seulement des expériences vécues.  

De son œuvre et de ses découvertes est mis en avant le fait que la relation corps-esprit est fondamentale tout comme son inverse esprit-corps. Ne traiter que les effets et les symptômes de pathologies plus ou moins graves et handicapantes par des apports de traitements extérieurs, nous fait oublier les mécanismes de la puissance de notre inconscient. Notre inconscient travaille de manière automatique mais aussi quand nous le lui demandons. Souvent comme nous le faisons nous-même en conscience, il va au plus simple et préfère attendre que ce soit l’extérieur qui face le travail. C’est dans cette remarque que la notion de récompense se fait jour. Car il est dit que notre inconscient travaille pour obtenir une récompense ; les fameuses molécules découvertes que notre cerveau produit dans les moments de plaisirs ; « Dopamine ; Sérotonine ; Endorphine ; Ocytocine ; … ». 

Penser que lors de pathologies, seulement les traitements externes sont la solution est un leurre tout comme penser que seule la puissance de l’esprit (l’inconscient) est la solution. Il a été prouvé     de nombreuses fois que les meilleurs résultats sont obtenus par une combinaison des deux. 

À suivre.

Bernus Romanus PLS. 



À propos de l'auteur(e) :

Bernard Mourey

Gaucher contrarié, ingénieur et autodidacte, globetrotteur chercheur, passionné par les sciences humaines et les comportements mais pas seulement. Observateur des individus et des faits de société ; accompagnant ceux qui le désirent dans une autre vision du monde et de la perception d’eux-mêmes.

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